COOPÉRATIVES GRICOLES :
UNE RENCONTRE INCONTOURNABLE
Le syndicat Force Ouvrière de la CAPEL recevait, du 24 au 26 Novembre 2010, à Cahors, la conférence professionnelle de ses homologues des coopératives ”Approvisionnement-Céréales”
organisée par la FGTA-FO. Animée par Daniel Moriceau, Secrétaire Fédéral, et Bruno Leroy, Délégué régional, cette rencontre a rassemblé vingt-sept délégués représentant douze coopératives.
Parce que c’est le principal souci des salariés, la première
demi-journée fut consacrée à une présentation des négociations nationales dans la branche
Desserrer la grille
Après un rappel du principe de la R.A.G. (Rémunération Annuelle Garantie) instaurée en 2002, Daniel Moriceau a fait le point sur l’évolution des salaires.
"En 2009, le salaire minimum conventionnel (N1) a augmenté de 3,5% mais celui du haut de la grille de 1,1% seulement alors que l’inflation a été finalement de 0,8%."
"Pour 2010, l’augmentation n’a été que de 1% pour une inflation
finale qui sera supérieure à 1,5%. Si la situation devait en rester là, les salariés perdraient le bénéfice du coup de pouce de 2009.
C’est pourquoi nous revendiquons un complément pour 2010 avant même d’aborder la négociation des salaires 2011."
Par ailleurs, des discussions ont été engagées avec les employeurs sur une réforme de la grille des classifications. Mais les objectifs divergent.
Si les employeurs veulent supprimer les coefficients et ne conserver que treize niveaux de salaire (un niveau regroupant deux coefficients), les syndicats veulent prioritairement desserrer la grille pour
réduire le tassement hiérarchique opéré ces dernières années et réévaluer les salaires des coefficients compris entre 220 et 260.Pour l’instant, cette négociation est dans l’impasse.
Pour une complémentaire santé obligatoire
Faisant le point des autres négociations en cours, Bruno Leroy a abordé le sujet de la Complémentaire Santé. ”Actuellement, 80 % des coopératives ont un accord de couverture pour leurs salariés, couverture assurée par 44 organismes différents. Notre objectif est de rendre obligatoire une complémentaire santé pour tous les salariés de la branche et de désigner un organisme obligatoire pour les coopératives n’ayant pas d’accord d’entreprise, ce qui permettrait une meilleure mutualisation des risques.
Pour l’instant, les employeurs sont hostiles à la désignation d’un organisme assureur unique, ce qui risque de faire capoter les négociations.”
Par ailleurs, les partenaires sociaux ont estimé nécessaire de pérenniser la contribution à la formation professionnelle des seniors en maintenant un fonds mutualisé de 0,10 % de la masse salariale pour les salariés de plus de 47 ans. Sur les conséquences de la Loi de modernisation Sociale de 2008, Force Ouvrière s’oppose au doublement de la durée de la période d’essai pour les ouvriers et employés. Par contre, la proposition patronale relative au calcul de l’indemnité de licenciement,supérieure à l’indemnité légale, recueille les faveurs del’organisation syndicale.
Conforter la représentativité de Force Ouvrière
Après une intervention fort appréciée des représentants AGRICA sur les retraites et la prévoyance, la dernière demi-journée fut consacrée à la représentativité de F. O. dans les coopératives. Sur toutes les élections ayant eu lieu en 2010, F.O. a dépassé la barre des 10 %. Il reste à poursuivre le travail et à él argir l’implantationde l’organisation syndicale de façon à assurer le minimum de 8% sur l’ensemble de la branche.
De l’avis général des participants, ces rencontres sont très appréciées. Permettant aux salariés de s’informer, d’échanger et de créer des liens entre les militants et les responsables fédéraux, elles deviennent incontournables.
n Gérard DEBARD